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Le budget de Grand-Remous ne
fait pas l’unanimité…
Sylvie Dejouy GRAND-REMOUS – La dernière séance du conseil municipal de Grand-Remous, mercredi 25 janvier, a été houleuse. Principal point à l’ordre du jour, le budget de 2012. Durant la période de questions du public, plusieurs personnes se sont succédées au micro pour manifester leur mécontentement. En cause : l’augmentation de la taxe générale, de l’évaluation foncière et des dépenses. Pour sa défense, le maire rappelle que la municipalité doit faire face à de nouvelles exigences et à une augmentation du coût de la vie. Les chiffres d’abord Côté dépenses, elles passent de 1 689 236 $ en 2011 à 1 826 994 dollars en 2012. Celles du conseil municipal s’élèvent à 63 056 $, la gestion financière administrative 252 592 $, le greffe 49 680 $, soit un total pour l’administration générale de 365 328 $. Santé et bien-être : logement social 9 099 $, clinique de santé 45 849 $, donc un total de 54 948 $. Service de police et incendie : 247 003 $. Transport : voirie municipale 351 571 $ ; enlèvement de la neige 225 343 $ ; éclairage, signalisation, transport collectif 34 808 $; donc un total de 611 722 $. Hygiène du milieu : matières résiduelles 213 069 $, cours d’eau 3 247 $, soit un total de 216 316 $. Aménagement et urbanisme : 110 597 $. Loisirs et culture : activités récréatives 93 640 $, bibliothèque 15 588 $, total 109 228 $. Frais de financement : 10 670 $. Remboursement de la dette : 29 182 $. Dépenses d’investissement : 72 000 $. Amortissements des immobilisations : 162 418$. Côté revenus : les taxes foncières services municipaux passent de 912 305 $ en 2011 à 995 603 $ en 2012 ; les paiements tenant lieu de taxes 68 121 $ ; l’imposition des droits 21 000 $ ; autres services rendus 112 595 $ ; transferts conditionnels 629 675$. Donc les revenus passent de 1 689 236 $ à 1 826 994 $. La majorité Le maire, Yvon Quévillon, explique que«la taxe foncière générale passe de 571 525 $ à 699 218 $ et la taxe pour la Sûreté du Québec de 86 241 $ à 81 349 $. Ces deux montants sont facturés à l’évaluation, ce qui représente un taux de 78,94 sous /100$ pour 2011 et de 78,82 sous/100$ pour 2012. Donc le taux à l’évaluation reste sensiblement le même pour ces deux années. Séparément, la taxe foncière générale augmente de 2,9 %.» Il ajoute que le montant en argent variera d’un contribuable à l’autre, selon la réévaluation foncière : «En raison du nouveau rôle triennal, toutes les propriétés ont été réévaluées donc l’augmentation de la taxe à l’évaluation variera selon la nouvelle évaluation de chaque propriété.» Yvon Quévillon justifie cette augmentation de la taxe générale par une hausse des dépenses : «Nous avons eu à faire face à une convention collective, un ajustement des salaires à la hausse est devenu nécessaire. Nous avons été affectés par le Schéma de couverture de risques en sécurité incendie. Il y a une augmentation du coût de la vie donc de l’électricité, du téléphone, de l’essence, etc, ainsi que la taxe de vente provinciale (TVQ) qui augmente tous nos achats de 1%. Il y a des travaux de voierie à faire. Le ministère impose de nouvelles exigences qui demandent plus de travail et de vérifications. Nous avons des élections partielles en 2012. Les coûts de la clinique médicale ont augmenté.» Yvon Quévillon affirme qu’il aurait aimé annoncer une baisse. «Mais pour les raisons énumérées, il en est autrement car toutes les dépenses reliées au bon fonctionnement de la municipalité sont justifiées.» Un seul conseiller a voté contre le budget : Jean-Pierre Chalifoux. Le maire déplore son «manque de collaboration à la préparation du Budget 2012. Malgré des demandes répétées afin d’inviter Monsieur Chalifoux à la préparation du budget, nous avons essuyé des refus catégoriques avec l’affirmation, quoi que nous fassions, qu’il s’opposera à tout. Par ces refus, il a brimé la population de Grand-Remous de son opinion. C’est plus facile de s’opposer à tout que de défendre son point de vue pour les contribuables de Grand-Remous et pouvoir dire, travail accompli, je m’oppose.» ...«En réalité l’augmentation est de plus de 20 %» Sylvie Dejouy GRAND-REMOUS – Durant la période de questions du public, plusieurs personnes ont pris la parole pour demander des explications au maire sur le budget 2012. «Je vous demande de réviser vos positions et de revenir avec un budget qui a plus d’allure que ça», a lancé un citoyen. Une citoyenne a reproché au maire d’être «mal informée. Il n’y a pas assez de transparence». Denis Bélanger est venu au micro documents en mains. Ce contribuable, qui a fait des budgets pour la presse pendant des années, a fait ses calculs : «L’évaluation a augmenté de 18,5 % et la taxe générale de 2,9 % soit un total de 21,4 %. Si on prend l’exemple d’une maison évaluée à 100 000 dollars en 2011, le propriétaire payait 685 dollars de taxe. En 2012, avec le nouveau budget, l’évaluation passe à 118 500 dollars soit 849 dollars de taxe.» Denis Bélanger précise que ces chiffres se basent sur la moyenne des 18,5 %. «Pour certaines personnes, l’évaluation est plus importante. Moi, elle a augmenté de 38,5 % soit 414 dollars de taxe en plus. Pour compenser l’augmentation de l’évaluation, normalement les maires baissent le taux de la taxe générale.» Pour lui, rien ne justifie cette hausse de taxe : «L’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,5 % et l’inflation de 2,3 % donc que le maire ne nous dise pas que c’est à cause de l’augmentation du coût de la vie.» L’opposition Un seul conseiller a voté contre le budget, Jean-Pierre Chalifoux. L’autre conseillère d’opposition, Ginette Lamoureux, était absente. Selon Jean-Pierre Chalifoux, «il n’y a rien dans le budget qui justifie l’augmentation de la taxe générale comme cela». Ce que le conseiller d’opposition conteste essentiellement, c’est la hausse de la masse salariale. «Les salaires du personnel municipal sont trop élevés. La rémunération de l’administration augmente de 22 à 23 %. La municipalité a proposé environ 4,5 dollars de l’heure de plus à la nouvelle secrétaire administrative, qui est nommée secrétaire trésorière adjointe dans la convention, alors que notre conseiller juridique nous disait de ne pas le faire. Donc pour les autres employés municipaux, qui n’avaient rien demandé, il a fallu augmenter les salaires.» Jean-Pierre Chalifoux s’est aussi opposé au rapport semestriel, en exigeant que ses raisons soient inscrites dans le procès verbal : «Ce rapport, nous sommes sensés l’avoir début octobre pour préparer le budget mais nous ne l’avons eu que le 14 décembre. La réunion entre conseillers pour faire le budget a eu lieu trop tard, soit une semaine avant le 19 décembre, date à laquelle nous étions sensés le voter, et sans documents. Normalement, il doit y avoir plusieurs rencontres avant le vote du budget. Par ailleurs, j’ai demandé la convention collective et je ne l’ai eue que l’après-midi du 19 décembre alors que le budget devait être voté le soir.» Pour sa défense, Yvon Quévillon affirme que «tous les coûts sont justifiés. Nous travaillons de bonne foi pour le bien de la population».
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