Publié le vendredi 15 septembre 2017 17:26 | Mis à jour le vendredi 15 septembre 2017 17:26

La Commission Viens : Laurier Riel témoigne à Val d’Or

Web de La Gatineau

MANIWAKI - «La Commission Viens m’invite à dire ce que j’ai à dire et c’est exactement ce que je vais faire aujourd’hui», précise Laurier Riel, conseiller parajudiaire aux Services parajudiciaires autochtones du Québec à Maniwaki.

La Commission Viens a été créée afin d’enquêter sur les relations entre les Autochtones, de quelque provenance et de quelques langues qu’ils soient, et certains services publics québécois. Elle doit déposer un rapport à la suite de ses audiences vers le mois de juillet 2018.

Un mandat clair

Laurier Riel bénéficie de toute la latitude d’action afin de préciser les besoins des Autochtones en matière d’équité et de justice. «Les Autochtones de partout au Québec sont bafoués dans leurs droits. Un manque de compréhension à leur endroit est flagrant. Il faut assurer une communication plus saine entre les instances gouvernementales et le peuple autochtone», rajoute Laurier Riel, qui compte 33 ans d’expérience dans le domaine des relations autochtones.

Laurier Riel affirme que les problèmes sont palpables dans les communautés autochtones. Les jeunes sont déracinés, placés en foyer d’accueil où ils perdent leur culture, leur identité.

Des demandes particulières

Laurier Riel cite la communauté du lac Barrière qui est complétement isolée. «Les gens qui y vivent ont des besoins particuliers comme le droit de posséder une automobile. Il s’agit d’un bien essentiel étant donné leur éloignement des centres de décision. C’est une question de survie si on exige qu’ils exécutent leurs travaux compensatoires.»

Et la Direction de le protection de la jeunesse (DPJ), selon Laurier Riel, c’est comme Dieu sur terre. «Son mandat est beaucoup trop large. Nous avons fait le tour du Québec, c’est le même son de cloche. Les interventions de cet organisme sont invraisemblables. On exagère. Il faut redresser la barre et ça presse.»

Une maison dans toutes les communautés

Afin de souder les Autochtones à leur milieu, Laurier Riel préconise la construction d’une maison d’accueil par communauté partout au Québec. Le coût de réalisation d’un tel projet peut sembler faramineux mais c’est une infime partie de l’argent qu’il faut consacrer dans le déracinement des communautés. «Un enfant qu’on envoie dans une famille d’accueil coûte plus cher que de le garder dans sa communauté. La communication est un problème. Plusieurs Autochtones parlent uniquement l’anglais. Tous les documents sont rédigés en français et ne sont pas traduits. Ils ne comprennent rien.»

Dans le moment, Laurier Riel se préoccupe tout particulièrement des abus policiers envers les Autochtones. Son rôle n’est pas d’intervenir auprès des policiers mais de recueillir les plaintes des Autochtones et d’y donner suite. «Les victimes sont laissées à elles-mêmes. Pour l’instant, je reçois beaucoup plus d’appels que de plaintes. Les victimes ne parlent pas, elles craignent les représailles. Alors, vous voyez, nous partons de très loin. C’est toute cette réalité qu’il faut changer. Si vous croyez que le profilage racial n’existe pas, nous avons des cas qui prouvent nettement le contraire.»

Laurier Riel affirme faire confiance en la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. «Elle connaît bien les Autochtones pour avoir travaillé avec eux du temps qu’elle pratiquait le droit à Maniwaki. J’ai discuté avec elle et elle est consciente des problèmes. Elle connaît bien la réalité autochtone. Je pense que notre travail va finalement rapporter ce qu’il y a de mieux pour les Autochtones. Les prochaines semaines nous le prouveront», conclut Laurier Riel, très confiant pour la suite des choses.

 

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