Publié le mercredi 6 septembre 2017 17:00 | Mis à jour le mercredi 6 septembre 2017 15:54

Corporation du parc régional du lac 31-Milles : 250 000$ investis cette année

Sylvie Dejouy

LA GATINEAU - La Corporation du parc régional du lac 31-Milles a été créée il y a deux ans. Les municipalités fondatrices (Bouchette, Gracefield, Déléage, Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau) ont chacune deux sièges au conseil d’administration de la corporation. Siègent également la municipalité de Notre-Dame-de-Pontmain, un représentant d’une entreprise privée, la SAGE, l’Association de protection du lac 31-Milles et le Gatineau fish and game club. 

De la St-Jean à fin août, la corporation a employé jusqu’à sept employés. Son financement de base vient des municipalités fondatrices, ce qui permet d’embaucher le directeur général, François Larose. S’y ajoutent les surplus générés par le camping et une aide de 140 000$ de la MRC via le Fonds de développement des territoires qui a permis de réaliser plusieurs investissements. 

Une demande de délégation de gestion a été présentée au gouvernement, en collaboration avec la MRC qui serait le délégataire officiel alors que la corporation est chargée de la gestion. L’objectif est que le parc régional devienne une entité reconnue. Un premier plan d’aménagement, élaboré avec tous les membres du conseil d’administration, a été présenté aux ministères concernés pour obtenir la délégation de gestion. Ces derniers ont émis 115 commentaires. François Larose travaille sur un deuxième plan qui devrait être présenté en janvier. L’objectif serait d’obtenir la délégation fin 2018.

En attendant d’obtenir le statut officiel de parc régional, la corporation poursuit son travail. L’objectif : faire cohabiter le développement avec la protection de l’environnement. Cette année, 250 000$ d’investissements ont été réalisés, avec un volet environnement et un volet développement. Tour d’horizon. 


Rampe de mise à l’eau à la Baie Matte

 

LA GATINEAU - Parmi les investissements réalisés cette année, il y a eu l’aménagement de la rampe de mise à l’eau à la Baie Matte. Comme l’explique François Larose, directeur de la Corporation du parc régional du lac 31-Milles, «il y avait plusieurs problématiques : les gens allaient se stationner près du ruisseau dans une zone marécageuse et il y a le banc de myriophylle. Des installations comme ça permettent d’être plus près des utilisateurs et de rappeler aux gens les bonnes pratiques, car ce site sera supervisé à partir de l’année prochaine. Une guérite sera installée et des gens seront ici pour accueillir les utilisateurs. À l’origine, on voulait installer en plus une station de lavage de bateaux mais on réalise que ce n’est peut-être pas la bonne approche, que ça serait mieux d’avoir des stations centralisées dans la région et d’utiliser un système de vignette. Ça serait plus facile, on aurait les usagers des différents lacs qui utiliseraient les mêmes stations de lavage et en ayant des gens à la rampe de mise à l’eau on pourra améliorer le contrôle».  

Le stationnement compte désormais 45 places, soit le double par rapport à avant. En amont de la rampe de mise à l’eau, des roches ont été installées car, comme l’explique André Carle, maire de Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau et secrétaire de la corporation, «avant les gens se stationnaient partout. Des personnes reculaient quasiment leur remorque jusque dans le ruisseau. C’est fait dans le but de protéger l’environnement». Des toilettes sèches ont par ailleurs été ajoutées.  

Cette rampe de mise à l’eau a suscité des commentaires négatifs de la part d’utilisateurs. Néanmoins, comme le rappelle André Carle, «chaque fois que tu travailles au bord de l’eau, d’un lac ou d’un ruisseau, ça prend un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement qui exige des plans et devis. On a une équipe de génie civil à la MRC qui a préparé les plans qui ont été soumis aux quatre ministères impliqués. Ça a pris pas moins d’un an à faire accepter le projet au ministère de l’Environnement et autres, avec plein de restrictions, dont l’installation d’une toile de jute car il y a du myriophylle». Celle-ci devrait être installée d’ici deux à trois semaines ainsi que les bouées indiquant aux gens où passer en bateau. 

Afin de compléter l’aménagement de la rampe de mise à l’eau, comme le précise André Carle, «il reste deux installations à faire. Actuellement, quand les gens reculent, ils ne voient pas nécessairement l’alignement de la dalle de béton. Il faudra installer deux petits poteaux de chaque côté pour montrer où reculer. Et il nous manque aussi un quai : il sera installé cet automne. Après ça, je pense que tous les problèmes seront réglés. Il y avait eu un problème avec le matériel qui avait été installé au pied de la rampe, quelques camions sont restés pris la première fin de semaine car ce n’était pas compacté encore mais dès le lundi matin c’était réglé. Des correctifs ont été apportés, ça fait partie des adaptations.»


Gros succès pour les sites de camping

 

LA GATINEAU - Autres investissements : une yourte de six places a été installée sur la Grand île, aussi appelée Île à six milles, et une tente Minka de cinq places dans la Baie Gabriel. La première est accessible uniquement par l’eau et ne peut être louée que l’été, la seconde est accessible par l’eau ainsi que par le chemin et elle peut être louée toute l’année. «Elles connaissent un succès fou, se réjouit André Carle. La yourte a été installée la semaine avant la St-Jean. Depuis, elle a été louée toutes les fins de semaine et il y a une quarantaine de nuitées de réservées depuis fin juin. La Minka a été annoncée seulement dernièrement car elle a été plus longue à fabriquer et on l’a eue durant les vacances de la construction. On pense que les chasseurs pourraient être intéressés cet automne.»

Il est aussi possible de camper sur des îles du 31-Milles. «Au total, il y a 28 sites qui sont aménagés avec des tables de pique-nique et des toilettes sèches», précise André Carle. S’y ajoute le refuge du bûcheron, qui existe depuis une vingtaine d’années et appartient à la municipalité de Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau. 

Cette année, le taux d’occupation des sites de camping a été de 100% durant les fins de semaines, 35% globalement. Pour la saison 2017, selon une délégation accordée par la SAGE, toute l’administration et la gestion du camping sont la responsabilité exclusive des employés de la Corporation du parc régional. «C’est dans nos objectifs de fusionner les deux entités, explique André Carle. Ça sera proposé cet automne au conseil d’administration de le faire pour la prochaine saison.»

Côté environnement, un diagnostic des sites de camping au niveau environnemental est en cours de réalisation. «Des prises d’eau ont été faites pour vérifier la qualité de l’eau autour des sites de camping», précise André Carle. 


Développer les sentiers pédestres

 

LA GATINEAU - Dans le cadre de son projet «Sortir des sentiers battus», le PERO (pôle d’excellence en récréotourisme de l’Outaouais) a été mandaté pour remettre à niveau les sentiers et leur signalisation au site du pont de pierre. «Il faut refaire les installations pour la sécurité, explique André Carle. Il y a aussi un côté protection de l’environnement car actuellement c’est piétiné partout donc il faut l’aménager comme il faut.»

Il y a aussi 17 km de sentiers pédestres sur le territoire de Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau. Le plan d’aménagement de la corporation prévoit d’ajouter une trentaine de kilomètres de sentiers pédestres autour du 31-Milles avec des belvédères offrant de magnifiques points de vue. 


Un atout touristique pour la région

 

LA GATINEAU - Le Lac 31-Milles et les sites qui l’entourent sont un formidable atout touristique pour la région. Caroline Marinier, agente de développement Tourisme à la MRC, l’a particulièrement constaté au salon plein air à Montréal : «Cette année, on aurait presque pu s’appeler la Vallée de 31-Milles au lieu de la Vallée-de-la-Gatineau. C’est ça que les gens cherchent. Dès qu’on se mettait à parler du camping sur les îles, de la clarté de l’eau, et qu’on montrait des vidéos, tout le monde voulait savoir où c’était. C’est ce que les gens de plein air cherchent. En plus, on leur dit qu’ils peuvent se rendre en canot à un restaurant cinq étoiles et manger un bon repas, c’est la totale.»

Les membres de la corporation ont encore plusieurs projets en tête pour faire du développement tout en protégeant l’environnement, l’objectif étant de donner le goût aux visiteurs de passer plus qu’une fin de semaine au bord du 31-Milles. Le plan d’actions prévoit notamment une plage publique accessible par voiture à la Baie Gabriel ou encore des hébergements dans les arbres. Quant au volet environnement, l’obtention du statut de parc régional permettra d’être plus restrictif vis-à-vis des utilisateurs. «Les municipalités ont un mandat de protection de l’environnement, commente André Carle. Mais elles ont aussi un mandat de développement. On veut créer des emplois.»

    

    

 

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