Publié le mercredi 9 août 2017 17:00 | Mis à jour le mardi 8 août 2017 14:56

Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg : Verna Polson livre son premier rapport

Jean Lacaille

KITIGAN ZIBI ANISHINABEG  - «Il est très difficile de diriger un tel organisme pour une femme. Je l’ai fait comme une mère. Avec mon cœur.» C’est en ces termes que Verna Polson a livré son premier rapport annuel en tant que Grand chef du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg.

Le tout s’est déroulé lors de l’assemblée politique samedi dernier à la salle communautaire de la rue Fafard à Maniwaki. Verna Polson a insisté sur la bataille du territoire algonquin. «On choisit toujours de ne pas nous consulter. On s’organise toujours pour que nous n’ayons pas les moyens d’analyser les projets soumis. Québec fait ce qu’il veut. Nous voulons les rencontrer mais ils nous fuient comme la peste. Mais je tiens à leur rappeler qu’il n’est plus possible de parler des Algonquins et de dire qu’il s’agit d’un peuple invisible comme nous a identifié Richard Desjardins.»

Mme Polson a insisté sur le travail effectué à date par les chefs des communautés algonquines et les membres du personnel du Conseil pour défendre les droits du peuple algonquin et le titre qu’il détient sur le territoire de la ville d’Ottawa. «J’ai participé à plusieurs rencontres avec la Commission de la capitale nationale (CCN) concernant le territoire en général mais plus particulièrement concernant les Plaines Le Breton et le secteur des Îles Chaudières et Albert que le groupe Zibi veut développer. Encore une fois, nous avons insisté pour que ce soit l’ensemble de la Nation qui soit à cette table et je salue l’ouverture d’esprit et la clairvoyance du chef Jean-Guy Whiteduck à ce sujet. KZA a initié une action en justice concernant ces terres et cette action est menée par KZA au nom de la nation algonquine.»

Le Vice grand-chef

Le vice-grand chef, Jimmy Hunter, a insisté sur le fait qu’il fallait soutenir les communautés algonquines qui prennent des mesures pour résoudre le problème de drogue qui affecte la vie du peuple. «En tant que leaders, nous devons faire tout notre possible pour protéger les générations futures.»

Il a également soulevé le problème de la langue en ce sens qu’il fallait la protéger et en faciliter l’apprentissage. «Notre langue est le fondement de notre nation. C’est notre force et nous devons trouver des ressources et des moyens pour la préserver et la développer.»

La représentante des femmes

Kathleen Jerome est la représentante des femmes au conseil tribal. Depuis 2016, elle a rencontré de nombreuses femmes et des leaders politiques. «De nombreuses inquiétudes ont été soulevées au sujet de la disparition de nos traditions culturelles et de notre langue au sein de notre nation et nous devons agir ensemble pour la maintenir en vie pour les générations futures.

Mme Jerome prévoit visiter chaque communauté membre du conseil pour discuter des préoccupations quant à la violence faite aux femmes partout au Canada.

Les jeunes

Trishia Hazlewood est la représentante des jeunes au sein du conseil tribal. «Mon objectif a été d’initier des programmes dans les communautés pour garder le jeunes occupés et actifs hors des heures consacrées à l’école et durant les week-ends. J’ai mené une enquête visant à aider à reconnaître les besoins et les ressources qui manquent dans nos communautés. Les jeunes vont participer davantage aux activités que nous leurs proposerons dans l’avenir.

À titre d’exemple, une histoire a été écrite et traduite par les enseignants et les jeunes de la Nation. Les jeunes vont s’impliquer en créant les éléments visuels et les illustrations dans le livre d’histoire pour améliorer son contenu. Lorsqu’il sera terminé, il sera distribué dans toutes les communautés. La préservation de la langue est également importante pour les jeunes.

 

 Monsieur Trudeau parle de réconciliation : «Qu’il vienne à la table pour en discuter !» - Le chef Jean-Guy Whiteduck

 

KITIGAN ZIBI ANISHINABEG  - Les Algonquins de Kitigan Zibi Anishinabeg (KZA) et des communautés membres de la Nation Algonquine Anishinabeg  n’ont jamais cédé leur titre de propriété de terres dans la Vallée d’Ottawa englobant la rivière Chaudière, l’Île Victoria, les Îles Albert, la Plaine Le Breton et la Colline parlementaire. Ils y tiennent mordicus et ils invitent le Premier ministre Justin Trudeau à venir s’asseoir et en discuter avec eux.

L’invitation publique a été lancée par le chef de KZA, Jean-Guy Whiteduck, lors de l’assemblée politique annuelle du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabe (CTNAA) qui avait lieu samedi dernier à la salle de la rue Fafard à Maniwaki. 

«Il est important que les communautés soient solidaires dans cette démarche qui bénéficiera à l’ensemble de la Nation. Le territoire appartient à la Nation, non seulement à KZA.»

Une certaine réticence

Le chef Whiteduck est toutefois conscient de la méfiance des communautés du nord envers le gouvernement fédéral : «Les communautés nordiques comprennent mal l’enjeu qui se joue sur notre territoire à Ottawa. Mais nous, ici, à KZA, il y a longtemps que nous sommes impliqués dans ce dossier. J’ajoute que nous ne sommes pas Québécois, ni Canadiens. Nous sommes Algonquins et ces terres nous appartiennent. Pas question de les céder.»

Le dossier, s’il doit se rendre jusqu’à la Cour suprême, pourrait bien s’échelonner sur une dizaine d’années. «Ça va être très couteux et KZA s’est engagée à défrayer les frais pour la revendication du titre. Nous espérons qu’Ottawa va accepter de négocier avant que le dossier ne soit rendu en Cour suprême. Nous allons d’ailleurs discuter avec ses représentants du ministère des Affaires indiennes du Canada dans les prochains jours pour démarrer le processus des négociations. On espère que le dossier va progresser comme il se doit. Il semble y avoir de la bonne volonté du côté du ministère.»

L’optimisme règne

Me Eamon Murphy, de la firme Woodward and Company, qui était à Maniwaki samedi, représente KZA dans ce dossier dont les travaux ont débuté en mai 2016. «Le dossier progresse. Il faudra du temps mais on sait à quoi s’attendre. Nous croyons que les Algonquins ont un très bon dossier. Les évidences sont notoires quant à l’occupation de ce territoire par les Algonquins qui n’ont jamais cédé leur titre. Alors, oui, nous sommes optimistes quant aux chances de succès de ce projet.»

Me Eamon Murphy faisait partie de l’équipe de Woodward and Company quand le 26 juin 2014, la Cour suprême du Canada a déclaré unanimement que la Nation Tsilhqot’in détenait un titre aborigène sur 1 800 km carrés au sud-ouest du lac Williams en Colombie-Britannique.

«Nous devons prendre la place qui nous appartient. Nous allons établir une équipe de négociations avec des représentants des Premières Nations. La ville d’Ottawa a été construite sur du territoire non-cédé. Il est certain qu’on voudra prolonger les négociations afin d’en arriver à semer la discorde entre nous. Mais si nous sommes solidaires, nous arriverons à bon port», conclut le chef Jean-Guy Whiteduck, qui, avec Kitigan Zibi Anishinabeg sont le représentants appropriés dans le dossier. Une ordonnance représentative à cet effet doit être consentie avant la fin de 2017.

 

Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics : Kitigan Zibi est la troisième communauté rencontrée

 

KITIGAN ZIBI ANISHINABEG –  Une équipe de la Commission d’enquête provinciale sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec «Écoute, réconciliation et progrès» s’est rendue à Kitigan Zibi afin d’offrir deux sessions d’information publique : l’une dimanche dernier lors de l’assemblée politique annuelle du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg ; l’autre mercredi 9 août  pour les membres de la communauté de Kitigan Zibi Anishnabeg et du Centre d’amitié autochtone de Maniwaki. 

Les audiences de la commission provinciale ont débuté en juin et elles reprendront le 11 septembre à Val-d’Or. Bien que ces audiences soient en pause pour l’été, l’équipe de la commission va à la rencontre de communautés autochtones et recrute du personnel pour mener ses enquêtes. Kitigan Zibi est la troisième communauté rencontrée par la commission après celles de Lac-Simon et Kitcisakik en Abitibi.

Ces rencontres visent à donner de l’information quant aux travaux de la commission et permettent aux représentants de répondre aux questions des membres de la communauté. L’équipe de la commission est composée de représentants de l’équipe juridique, de l’équipe soutien et mieux-être et de l’équipe aux enquêtes. Ces derniers ont profité de leur présence sur place pour prendre contact avec les personnes qui souhaitent partager leurs récits avec la commission. 

Création de la commission

À la suite d’événements ayant révélé, entre autres, l’existence de possibles pratiques discriminatoires envers les Autochtones dans le cadre de la prestation de services publics au Québec et, au-delà des faits précis concernant des cas individuels, le gouvernement et les autorités autochtones ont convenu qu’il était nécessaire de «faire la lumière plus globalement sur les enjeux systémiques caractérisant la relation entre les Autochtones et les intervenants de certains services publics au Québec».

Le gouvernement du Québec a manifesté la volonté d’identifier les causes sous-jacentes à toute forme de violence, de discrimination systémique et de traitements différents qui pourraient  exister à l’égard des Autochtones dans le cadre de la dispensation de certains services publics au Québec.

C’est pourquoi le gouvernement du Québec a constitué le 21 décembre 2016 la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec «Écoute, réconciliation et progrès» afin d’enquêter, de constater les faits et de formuler des recommandations quant aux actions correctives concrètes et efficaces à mettre en place par le gouvernement du Québec et par les autorités autochtones.

 

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