Publié le mercredi 19 avril 2017 16:30 | Mis à jour le mercredi 19 avril 2017 16:08

Commémorations de la bataille de Vimy : Un vétéran de Kitigan Zibi y était

Sylvie Dejouy

KITIGAN ZIBI ANISHINABEG  - En avril 1917, ce sont 100 000 Canadiens qui ont participé à la bataille de la crête de Vimy, dans le nord de la France, durant la Première Guerre mondiale. Le site, fortifié par l’armée allemande, avait fait l’objet de multiples attaques infructueuses de la part des armées françaises et britanniques. Le 9 avril 1917, les troupes de l’Empire Britannique, principalement composées des quatre divisions du Corps expéditionnaire canadien, ont uni leurs forces pour passer à l’assaut. Au prix de plusieurs milliers de morts, elles ont réussi à prendre le contrôle le 12 avril.

Plusieurs célébrations ont été organisées afin de souligner ce 100e anniversaire et rendre hommage aux combattants. Le gouvernement du Canada a envoyé une délégation officielle en France qui était composée de vétérans représentant les organismes de vétérans, incluant les organismes autochtones et les associations régimentaires ; de jeunes venant des quatre coins du Canada ; d’invités spéciaux ayant des liens familiaux directs avec des soldats qui ont combattu pendant la Première Guerre mondiale ; de parlementaires. Aurel Dubé, un vétéran de l’armée canadienne originaire de Kitigan Zibi Anishinabeg, a eu la fierté de faire partie de cette délégation. 

Ce dernier a grandi dans la Vallée-de-la-Gatineau. «Ma mère est une algonquine de Kitigan Zibi et mes grands-parents étaient aussi résidents de Kitigan Zibi, explique-t-il. Moi, à cause des pensionnats autochtones, j’ai vécu douze années sur dix-huit en familles d’accueil, dans la région de la Haute-Gatineau.»

Aurel Dubé a rejoint très jeune les Forces armées canadiennes et y a fait carrière durant 22 ans. «Je suis retraité depuis 12 ans, explique-t-il. J’ai fait principalement ma carrière à Val-Cartier mais j’ai également servi à Shawinigan, à Shilo au Manitoba, à Gagetown au Nouveau-Brunswick. J’ai fait aussi des missions de paix et des missions de l’OTAN, à Chypre, Haïti et en Bosnie-Herzégovine.»

Depuis qu’il est à la retraite, Aurel Dubé est sergent-d’arme du Groupe des vétérans autochtones. Lui et ses confrères ont travaillé pendant plusieurs mois afin d’envoyer une délégation de soldats autochtones à Vimy. «On a organisé plusieurs activités pour amasser des fonds afin d’envoyer des soldats autochtones à Vimy, car notre organisation n’a pas beaucoup de financements, raconte le vétéran. Étant donné que je travaillais comme civil pour la Défense nationale à Ottawa, j’ai commencé à contacter les organisations militaires afin d’avoir des sièges dans l’avion. Finalement, huit vétérans autochtones de partout à travers le Canada ont pu y aller.»

La délégation a quitté Ottawa le mardi 4 avril. Aurel Dubé a été invité à dire quelques mots afin de souhaiter la bienvenue à toute la délégation en territoire non cédé algonquin. Des mots prononcés en algonquin, en français et en anglais. «Je voulais aller là-bas pour reconnaître la perte de Canadiens lors de cette bataille mais aussi pour sensibiliser les Canadiens et les autres personnes à l’histoire des autochtones au Canada, explique-t-il. Une fois en France, il y a eu plusieurs visites et cérémonies. À chaque fois, on m’a demandé de lire l’Acte du Souvenir en algonquin. Nous sommes allés, avec deux autres vétérans, se faire filmer dans les tunnels de Vimy. L’un a lu l’Acte en anglais, l’autre en français et moi en algonquin, ce qui a été très émouvant.» Parmi les principales activités auxquelles la délégation a assisté, il y eu aussi une cérémonie de marque commémorative au Mémorial national du Canada à Vimy. Un voyage très émouvant donc pour Aurel Dubé, en particulier lorsque lui et les autres autochtones présents ont été invités à organiser une cérémonie du lever du soleil. 

Plus de 650 000 Canadiens avaient porté l’uniforme au terme de la Première Guerre mondiale. Le bilan des victimes a été très lourd: plus de 66 000 Canadiens ont été tués et 170 000 ont été blessés. Pour ce qui est des Autochtones, comme l’explique Aurel Dubé, «il est difficile de déterminer leur contribution dans la Première Guerre mondiale mais on estime qu’ils ont été 400 à y participer. Quand la guerre a commencé en 1914, l’Acte de l’Indien empêchait les Indiens de participer, ils n’avaient pas le droit de s’enrôler dans l’armée car le gouvernement de l’époque avait peur que «les peaux rouges», comme on les appelait, commettent des massacres allant contre la Convention de Genève. Beaucoup ont été obligés de renoncer à leur statut d’autochtone pour pouvoir s’enrôler, donc quand ils sont revenus ils n’étaient plus les bienvenus dans leur réserve.» Il a fallu attendre après la Guerre de Corée pour que les Autochtones puissent s’enrôler comme n’importe quel soldat prêt à défendre son pays. 

    


 

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